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L’irrésistible ascension de Jean-Charles Marchiani, du SDEC à l’UE

Son nom est familier, et pourtant, il est difficile de le relier à une carrière précise. Jean-Charles Marchiani a connu mille vies. Son parcours atypique, alternant privé et public, a forgé ses capacités de négociation hors pair.

L’enfance de Jean Charles Marchiani

Né en 1943, en corse comme Charles Pasqua, son parrain en politique, Marchiani a failli être prêtre. Diplômé de Sciences Po Aix, il a longtemps milité à droite, non sans une certaine ambiguïté. C’est ce goût du secret qui lui fait intégrer la SDECE, future DGSE, alors qu’il est encore étudiant. Il effectue ensuite son service militaire au sein d’un régiment de parachutistes d’infanterie de marine. La période SDECE marque les débuts d’une réputation quelque peu sulfureuse : accusé à tort dans l’affaire Markovic, il est obligé de mettre temporairement fin à sa carrière dans le Renseignement quand Pompidou est élu en 1970. Il occupe alors différentes fonctions dans le secteur privé, en particulier chez Peugeot et Air France.

Son attrait pour l’international le rattrape : de 1986 à 1988, il conseille le Ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, et parvient à faire libérer les otages français retenus au Liban. Ensuite, il entre à la direction de Thomson tout en faisant partie du Conseil au Commerce Extérieur.

1993 l’année marquante pour Jean Charles Marchiani

L’année 1993 marque un tournant décisif : il ne quittera plus la haute fonction publique au sein de laquelle il connaîtra une ascension irrésistible. Conseiller de Charles Pasqua et de Jean-Louis Debré, puis préfet du Var, il intervient dans plusieurs affaires délicates : la libération des pilotes français en Bosnie et du vol Paris-Alger sont des succès, les attentats de 1995 et le massacre des moines de Tibhirine sont des échecs. Certaines ont d’ailleurs été portées à l’écran : L’Assaut, de Julien Leclercq, en 2011, et Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois, en 2010. Spécialiste du dossier algérien depuis ses années de militantisme à l’OAS, il s’est également occupé de surveiller les réseaux du FIS au milieu des années 1990, et subit naturellement des menaces de mort de la part du GIA. Responsable de la zone de sécurité de Paris et de sa région jusqu’en 1999, il réussit à faire interdire un concert du groupe NTM. Il est préfet sans affectation de 2004 à 2008.

Tout en occupant ces prestigieux mandats, Jean-Charles Marchiani devient député européen en 1999 avec 13 % des votes sur la liste du Rassemblement Pour la France, un parti de droite chrétien cofondé avec son ami de toujours, Charles Pasqua, et Philippe de Villiers. Il sera démis de ses fonctions pour cause de divergences avec l’aile souverainiste du parti.

Dans les années 2000, la réputation de Jean-Charles Marchiani est ternie par différentes affaires. Relaxé en 2011, il dira que ces attaques visaient indirectement Charles Pasqua, candidat potentiel à la Présidence de la République.

Éternel homme de l’ombre, Jean-Charles Marchiani est une figure incontournable de la vie politique française. Chevalier de la Légion d’Honneur, souvent appelé en pompier dans les dossiers internationaux les plus brûlants de la V° République, accusé de diplomatie parallèle puis blanchi, son leadership, son audace et son expertise protéiforme restent incontestés, et sans soute inégalés.

 

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